Bienvenue dans « Un métier qui fait vivre », le podcast des entrepreneurs du quotidien qui veulent vivre de leur activité sans subir leurs chiffres.
Je suis Nathanaëlle, ancienne banquière et accompagnante en stratégie financière et bancaire. Depuis plus de 15 ans, j’aide des artisans, des commerçants, des indépendants et professions libérales à comprendre leurs chiffres, à maîtriser et à sécuriser leur trésorerie et à se construire une activité qui les fait vraiment vivre.
Ici, on ne parle pas de levée de fonds à plusieurs millions ni de théorie hors-sol. On parle de vraies vies : des fins de mois où la trésorerie est tendue, des prix qu’on ne sait plus comment fixer, du manque de visibilité, des rendez-vous avec la banque qu’on appréhende, et de cette question qui revient sans cesse : est-ce que mon métier va vraiment me faire vivre ?
Consultante business
Comment Lauren a construit son activité étape par étape — de la micro-entreprise nomade à la boutique permanente — avec l'accompagnement de Nathanaëlle Oustrain sur les chiffres et la relation bancaire
🎧 Écoutez l'épisode complet : découvrez comment Lauren a transformé sa passion pour le vintage en boutique permanente à Rennes en maîtrisant ses chiffres, son dossier bancaire et sa structuration juridique.
Lauren l'a fait pendant près de trois ans. Le week-end sur les événements, le soir pour gérer le stock, tout en étant responsable de boutique à temps plein chez Chevignon. Ce qu'elle retient : l'absence de pression financière lui a permis de tester sans risque, de faire des erreurs, et de réinvestir chaque euro gagné dans le développement de son activité.
Ce que ce gagnait avec French Fripes était systématiquement réinvesti : de meilleurs portants, un mannequin, des cintres, des stands plus qualitatifs pour les événements, un site internet. L'activité a grossi tranquillement, sans pression — et sans dette.
Développer une activité en parallèle d'un emploi salarié est possible, et le régime micro-entreprise a notamment été conçu pour ça. Mais deux points sont à vérifier absolument avant de se lancer.
D'abord, la clause de non-concurrence : légalement, vous ne pouvez pas créer une activité dont la clientèle est la même que celle de votre employeur. Ensuite, l'autorisation employeur : dans la plupart des cas, vous devez informer votre employeur de la création d'une activité annexe — et dans la fonction publique, c'est parfois interdit.
Sur le plan stratégique, cette période "double vie" est précieuse : elle permet de valider son marché, d'identifier ses premiers clients, et de construire une preuve de concept avant de basculer à temps plein.
Lauren n'a pas sauté dans le vide. Elle a attendu une rupture conventionnelle et a ensuite bénéficié de deux ans d'indemnités chômage calculées sur son salaire de responsable. Ce filet lui a permis de continuer à développer French Fripes sans pression. Mais elle reconnaît que ce point de bascule est difficile à déterminer, même avec tous ces avantages.
Avant d'ouvrir sa boutique permanente, Lauren a d'abord testé un pop-up store boulevard de Verdun pour vérifier une question fondamentale : est-ce qu'être au même endroit tous les jours, c'est fait pour moi ? C'est ce type de validation concrète — et non l'intuition — qui lui a permis de franchir l'étape suivante en confiance.
Avant de quitter son emploi, il faut avoir répondu à trois questions concrètes.
Première question : est-ce que ma sécurité financière est posée sur le papier ? Cela signifie identifier sa rémunération minimale nécessaire, son épargne disponible, et accepter que l'entrepreneuriat au démarrage soit rarement rentable immédiatement.
Deuxième question : est-ce qu'il y a des clients potentiels pour ce que je veux vendre ? Pas une intuition — une validation. Commencer à travailler un mini business plan pour voir si l'activité peut être rentable, et rencontrer des professionnels si on décide d'ouvrir un commerce.
Troisième question : est-ce que je suis faite pour ce métier au quotidien ? Ce type de validation concrète est indispensable avant de tout quitter — une fois qu'on est lancé, difficile de faire machine arrière.
Un outil simple et concret pour suivre vos chiffres, piloter votre trésorerie et prendre vos décisions sereinement — comme Lauren l'a fait avec Nathanaëlle.
📥Recevoir la boîte à outils gratuiteLauren est allée voir quatre banques avec Nathanaëlle. Elle avait peu de chiffres en valeur absolue — mais six ans de chiffre d'affaires continu, une communauté Instagram construite, un réseau événementiel établi et un emplacement premium identifié. Le dossier a été accepté le jour même par l'une des banques.
Toutes ces années de travail — les événements, le réseau, la communication — ont payé le jour du rendez-vous bancaire. La banque n'étudie pas seulement les chiffres. Elle étudie la personne, son parcours, sa posture.
Les banques aiment financer les démarrages d'entreprise quand le potentiel est lisible — bien plus que les situations où l'activité tourne mais faiblement depuis plusieurs mois. Quand le chiffre d'affaires est faible, la priorité avant d'aller voir une banque est d'identifier pourquoi : est-ce un problème de positionnement, d'offre, de développement commercial ? C'est cette analyse que la banque va chercher à comprendre.
Ce qu'elle évalue ensuite, c'est la compétence technique et la compétence commerciale du dirigeant. La compétence technique ne suffit pas à elle seule. Il faut montrer qu'on est capable d'aller chercher des clients.
Dans le cas de Lauren, six ans de présence événementielle, un Instagram avec une vraie communauté et des événements récurrents avec du chiffre d'affaires constituaient cette preuve commerciale. À quoi s'ajoutait l'emplacement de la boutique — un emplacement premium dans une rue attractive de Rennes.
Pour une entreprise déjà installée, les deux critères principaux retenus par les banques sont une capacité d'autofinancement (CAF) suffisante et des fonds propres positifs. S'y ajoutent le bon fonctionnement des comptes sans incident, la maîtrise de ses chiffres et une posture d'entrepreneur clairement identifiée par le banquier.
Lauren était en micro-entreprise pendant six ans avant d'ouvrir sa boutique. Le passage en société est intervenu au moment de l'ouverture, porté par la nécessité de sécuriser le financement bancaire et d'avoir une structure adaptée à un local commercial.
C'est aussi ce changement de statut qui a rendu le dossier bancaire plus solide — et qui a permis à Lauren de présenter un projet crédible aux établissements financiers.
La première erreur classique en micro-entreprise est de ne pas comptabiliser ses charges, sous prétexte qu'elles ne sont pas déductibles fiscalement. C'est une logique à inverser.
Avant de savoir si passer en société est pertinent, il faut d'abord recenser toutes les dépenses liées à l'activité : indemnités kilométriques, déjeuners d'affaires, assurances, abonnements logiciels, déplacements. Une fois ces charges posées sur le papier, on peut calculer à quel niveau de chiffre d'affaires le passage en société devient fiscalement avantageux.
C'est cet exercice qui permet de prendre une décision fondée — et non une décision basée sur une impression ou sur ce que font les autres.
French Fripes ne reçoit pas de balles toutes faites. Lauren va elle-même sélectionner chaque pièce, à la main, dans les entrepôts fournisseurs. Elle ouvre les balles, choisit pièce par pièce et paie au poids — un coût unitaire plus élevé, mais une sélection entièrement maîtrisée.
C'est ce qui explique le positionnement visuel de la boutique : quand on entre chez French Fripes rue Vasselot à Rennes, on n'a pas l'impression d'être dans une fripe. Chaque pièce a été choisie avec l'œil formé par des années d'histoire de l'art et de pratique de la chine.
Lauren travaille exclusivement du vrai vintage — années 70, 80, début 90 principalement — pas de rétro, pas de copie. Un modèle économique petit, maîtrisé, revendiqué. Ce choix n'est pas une contrainte : c'est une décision stratégique cohérente avec le volume de la boutique et la qualité de la sélection.
Le fait d'avoir peu de volume permet de pouvoir chiner tout à la pièce, de laver chaque vêtement, de vérifier chaque détail. Ce n'est pas possible quand on a une boutique de 200 mètres carrés à remplir. C'est un choix : celui de la petite boutique de quartier, irréprochable sur la qualité.
Ce modèle a aussi un impact sur la relation bancaire. Être une petite structure avec un chiffre d'affaires maîtrisé, une communauté fidèle et un positionnement différenciant est une force — pas une faiblesse — aux yeux d'un banquier qui évalue la viabilité d'un projet.
Suivez vos chiffres avec clarté, préparez vos rendez-vous bancaires et pilotez votre activité comme Lauren le fait depuis l'ouverture de French Fripes.
⬇️Télécharger la boîte à outils gratuiteLauren le dit clairement : sans l'accompagnement de Nathanaëlle, elle n'aurait pas pu prendre cette décision seule. Pas parce qu'elle en était incapable, mais parce que le rapport à l'argent est un sujet personnel — et que poser les chiffres sur le papier pour prendre une décision sereine nécessite une aide extérieure structurée.
Concrètement, les quatre séances de travail ensemble — de quatre heures chacune, espacées de deux à trois semaines — ont produit : un suivi de budget, un plan de financement, une analyse comparative de deux locaux commerciaux et une préparation aux rendez-vous bancaires.
Lauren a présenté son projet elle-même dans chaque banque. Nathanaëlle était là en soutien, pas à sa place. C'est cette posture qui a aussi joué en faveur de Lauren lors des rendez-vous : elle connaissait ses chiffres, elle maîtrisait son projet, elle incarnait sa dirigeante.
L'objectif de l'accompagnement n'est pas de créer une dépendance : c'est de donner les bases pour que le dirigeant soit autonome ensuite. Comprendre ses chiffres, savoir lire un tableau de trésorerie, être capable de défendre son projet devant une banque.
Lauren tient aujourd'hui un tableau de suivi complet où elle note ses chiffres, la météo, ses observations sur la clientèle, ses idées pour l'année suivante. Tout ce qui était opaque est devenu un outil de pilotage au quotidien.
Lauren a mis six ans pour ouvrir sa boutique. Six ans de construction par étapes, de tests, d'erreurs assumées, de réseau construit marché après marché. Ce que son parcours illustre pour tout entrepreneur en réflexion :
Démarrer en parallèle d'un emploi salarié est une stratégie viable, pas un compromis. Le temps passé en "double vie" est du temps d'apprentissage sans risque financier.
Le point de bascule vers l'indépendance totale se prépare, il ne se devine pas. Rupture conventionnelle, chômage, pop-up store, boutique permanente : chaque étape a été une décision calculée.
Un dossier bancaire solide n'est pas affaire de chiffres élevés, mais de preuves cohérentes. Réseau, communauté, présence longue durée, emplacement : c'est cet ensemble que la banque évalue.
Le passage en société est une décision financière, pas une décision de prestige. Il se prend quand les charges comptabilisées et le niveau de chiffre d'affaires le justifient.
Être accompagné sur les chiffres ne signifie pas déléguer. Ça signifie comprendre pour décider — et incarner pleinement sa posture de dirigeant.
Trésorerie, structuration, dossier bancaire, changement de statut — bénéficiez d'un accompagnement personnalisé pour piloter votre activité sereinement et prendre vos décisions avec confiance.
Prendre rendez-vous© 2025 Nathanaëlle Oustrain — OnCourtiz • Un métier qui fait vivre