Comment elle a développé son entreprise, structuré son équipe et osé déléguer.

Bienvenue dans « Un métier qui fait vivre », le podcast des entrepreneurs du quotidien qui veulent vivre de leur activité sans subir leurs chiffres.

Je suis Nathanaëlle, ancienne banquière et accompagnante en stratégie financière et bancaire. Depuis plus de 15 ans, j’aide des artisans, des commerçants, des indépendants et professions libérales à comprendre leurs chiffres, à maîtriser et à sécuriser leur trésorerie et à se construire une activité qui les fait vraiment vivre.

Ici, on ne parle pas de levée de fonds à plusieurs millions ni de théorie hors-sol. On parle de vraies vies : des journées morcelées, des prix qu’on n’ose pas augmenter, du travail qui déborde sur la maison, et de cette question qui revient sans cesse : est-ce que je pilote encore mon entreprise comme au démarrage ?

Nathanaëlle Oustrain, Consultante Business

Nathanaëlle Oustrain

Consultante business

Développer son entreprise : le parcours de Chloé Thomé, fondatrice de Simco | OnCourtiz
Podcast • Un métier qui fait vivre

Développer son entreprise : le parcours de Chloé Thomé, fondatrice de Simco

Comment Chloé est passée de community manager seule chez elle à une agence de communication de trois personnes, avec l'accompagnement de Nathanaëlle Oustrain sur la structuration, les prix et le passage en société.

🎧 Écoutez l'épisode complet : comment Chloé Thomé a développé l'agence Simco, appris à fixer ses prix, structuré son passage en société et osé déléguer.

Peut-on créer son entreprise en étant jeune maman ?

Le cas de Chloé : se lancer avec un bébé de trois mois

Chloé a monté toute sa stratégie et son plan de développement alors que sa fille aînée avait trois mois. Elle a créé la société trois mois plus tard. Jeune maman, sans place en crèche pour la deuxième, elle l'emmène partout avec elle et jongle avec des journées découpées. Elle assume le mot « mompreneur » : construire une activité et élever ses enfants en même temps, sans choisir un camp.

Ce qui l'a marquée, ce ne sont pas les difficultés d'organisation, mais le regard des autres. Créer sa boîte en étant jeune maman lui a valu des remarques culpabilisantes, familiales et personnelles.

« Je suis sûre que si j'avais été un homme qui garde son enfant et qui crée sa société, j'aurais été valorisée à fond. »

Ce que dit Nathanaëlle sur concilier maternité et création d'entreprise

Travailler de chez soi en gérant ses enfants relève souvent de l'impossible tenu à bout de bras. La culpabilité arrive des deux côtés : celle de ne pas être un bon parent, celle de ne pas être un bon professionnel. Ce n'est pas un signe qu'on n'est pas à sa place.

Le vrai levier, c'est l'organisation : séparer les temps, sécuriser un mode de garde quand c'est possible, travailler concentré sur des plages dédiées plutôt que d'étaler le travail sur toute la journée. Quand on sait qu'on est à la bonne place, cette conviction porte le reste.

Comment se mettre à son compte quand on quitte le salariat ?

Le cas de Chloé : congé mater, rupture conventionnelle et trois ans devant soi

Chloé a fait le tour de son poste de chargée de communication : plus aucune place à la créativité, les mêmes codes couleurs et les mêmes typos par cœur. Elle profite de son congé maternité et d'une rupture conventionnelle pour basculer. Le calcul est simple et lucide : le même problème reviendrait dans n'importe quelle autre boîte.

« Je me suis dit : j'ai trois ans de chômage devant moi, lançons l'activité. »

Ce que dit Nathanaëlle sur le bon moment pour se mettre à son compte

Se mettre à son compte juste après un congé maternité, en pleine période post-Covid, demande du courage. Mais la sécurité qu'on cherche à préserver en restant salarié est souvent une sécurité perçue, pas réelle.

Deux points à cadrer avant de sauter. D'abord, les droits au chômage : l'ARE peut financer les premiers mois et absorber le risque le temps de valider le marché. Ensuite, le statut de départ : la micro-entreprise permet de tester sans lourdeur administrative, de facturer vite, et de mesurer si l'activité tient la route avant d'aller plus loin.

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Comment développer son entreprise quand on a commencé seule chez soi ?

Le cas de Chloé : du salon de la maison à l'agence de trois personnes

Au départ, Chloé voulait travailler seule, chez elle. Ça lui allait très bien. Puis l'activité a grossi et le confort est devenu un piège : le travail débordait le soir, le matin ne démarrait pas, le pro et le perso se mélangeaient.

« Ça m'allait très bien de me retrouver dans ma grotte toute seule. C'était parfait. »

Premier cap : un bureau, pour séparer les temps et couper. Elle devient plus efficace, la charge grimpe, et le cercle devient vertueux. Louis arrive en alternance pour la production photo et vidéo, puis Alicia pour le graphisme et la gestion de projet. Aujourd'hui, Simco n'est plus « le métier de Chloé » : c'est une agence, une équipe, une direction artistique.

Ce que dit Nathanaëlle sur la structuration d'une activité qui grandit

Une entreprise ne change pas de dimension seulement parce que le chiffre d'affaires monte. Elle change parce que la dirigeante change de posture. Au démarrage, on crée son propre emploi : on vend ce qu'on sait faire, on répond aux demandes, on ajuste ses prix au fur et à mesure.

Un jour, ça ne suffit plus. Il faut clarifier sa valeur, choisir ses clients, construire une offre lisible, et parfois changer de cadre pour continuer à grandir. Prendre un bureau, embaucher, structurer : ce sont des charges nouvelles, mais aussi le moment où l'activité cesse de reposer sur une seule paire de bras.

Comment fixer ses prix et connaître sa valeur quand on se lance ?

Le cas de Chloé : casser les prix, puis apprendre à facturer sa valeur

Au début, Chloé cassait les prix. Elle en rit aujourd'hui en relisant ses premiers devis. Le syndrome de l'imposteur, elle l'a porté longtemps avant de s'en défaire. Deux appuis l'ont aidée : l'étiquette d'un premier gros client (Decathlon, via son réseau) qui a assis sa crédibilité, et un pair qui la poussait à se valoriser.

« Il me disait : tu ne peux pas envoyer un devis aussi peu cher. Il était toujours là à me pousser, encore aujourd'hui. »

Ce que dit Nathanaëlle sur la valeur ajoutée et le pricing

Beaucoup d'entrepreneurs fixent leurs prix à l'intuition ou en regardant la concurrence, sans savoir quelle valeur ils mettent en face. Fixer ses prix demande deux choses : connaître ses chiffres, et connaître la valeur ajoutée réelle qu'on apporte au client.

L'ancien patron de Chloé résumait le piège d'un métier mal valorisé : « je sais ce que tu nous coûtes, mais pas ce que tu nous rapportes. » Tout l'enjeu est là : rendre sa valeur lisible et facturer en conséquence, plutôt que de confondre disponibilité et professionnalisme.

Quand faut-il passer de la micro-entreprise à la société ?

Le cas de Chloé : bureaux, charges et bascule en société

Avec les bureaux et les recrutements, les charges augmentent. Chloé, allergique à l'administratif, a longtemps repoussé le changement de statut. Nathanaëlle l'a poussée, elle a fini par signer. Elle est passée en société en novembre, une vraie bascule, qu'elle a encore du mal à conscientiser.

« Tu me disais : il faut que tu passes en société. Et j'avais un peu les pétoches. J'ai signé, et voilà, c'est fini. »

Ce que dit Nathanaëlle sur les étapes du changement de statut

L'évolution structurelle d'une entreprise entraîne une évolution juridique. Tant qu'on est seul avec peu de charges, la micro-entreprise suffit. Dès qu'arrivent les bureaux, les salaires et une activité qui monte, la question du statut se pose sérieusement : plafonds, déductibilité des charges, protection sociale du dirigeant, image auprès des partenaires et des banques.

Le passage en société n'est pas qu'une formalité administrative. C'est une décision de pilotage, à prendre avec ses chiffres en main plutôt que sous la pression ou la peur du changement.

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Faut-il déléguer et recruter pour faire grandir son activité ?

Le cas de Chloé : Louis, Alicia et le cercle vertueux

Chloé ne voulait surtout pas recruter. La charge de travail a tranché à sa place. Louis est arrivé pour la production, Alicia pour le graphisme et la gestion de projet : son « deuxième cerveau ». Déléguer lui a rendu du temps, et ce temps est reparti dans le réseau et le développement. Sur la partie web, trop technique pour elle, elle délègue à un prestataire.

« Ce n'est pas ma zone de génie. Du coup, je délègue. »

Ce que dit Nathanaëlle sur déléguer sans se mettre en danger

Déléguer fait peur parce que ça engage : un salaire à payer, une organisation à tenir. Mais garder tout pour soi finit par plafonner l'activité et épuiser la dirigeante. La bonne délégation commence par identifier ce qui n'est pas sa zone de génie et ce qui a le plus de valeur ajoutée quand on le confie.

Recruter, c'est structurer autour de ce qui existe déjà. Le vrai sujet n'est pas toujours de travailler plus. C'est d'accepter que l'activité a évolué et de changer sa manière de la piloter.

À retenir de ce parcours

Les enseignements de Chloé

Chloé voulait créer son job. Elle a fini par développer une entreprise. Son parcours tient dans une question, la même que celle du podcast : est-ce que je pilote encore mon entreprise comme au démarrage ?

Si l'activité a grandi mais que l'organisation n'a pas suivi, si les clients ont changé mais que l'offre est restée floue, si la valeur a augmenté mais que les prix n'ont pas bougé, le problème n'est pas un manque de clients. C'est un manque de structure autour de ce qui existe déjà.

Se mettre à son compte se prépare, ça ne s'improvise pas. Congé mater, rupture conventionnelle, droits au chômage : Chloé a construit son filet avant de sauter.

Développer son entreprise, c'est d'abord changer de posture. Le bureau, puis les recrutements, sont venus d'une décision, pas d'un hasard.

Fixer ses prix, c'est connaître sa valeur. Casser les prix au démarrage est fréquent ; apprendre à facturer sa valeur ajoutée est ce qui fait durer l'activité.

Déléguer n'est pas perdre le contrôle. C'est rendre du temps au développement et sortir l'activité de la dépendance à une seule personne.

« On ne fait pas grandir une entreprise avec les réflexes du premier jour. »

Un exercice, cette semaine, en 20 minutes et trois colonnes : ce que vous faites encore comme au premier jour (vieux tarifs, réflexe de tout gérer seul), ce qui a déjà changé (vos clients, votre expertise, vos charges), et ce qu'il faut réaligner maintenant (vos prix, votre organisation, vos limites, votre équipe).

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