Bienvenue dans « Un métier qui fait vivre », le podcast des entrepreneurs du quotidien qui veulent vivre de leur activité sans subir leurs chiffres.
Je suis Nathanaëlle, ancienne banquière et accompagnante en stratégie financière et bancaire. Depuis plus de 15 ans, j’aide des artisans, des commerçants, des indépendants et professions libérales à comprendre leurs chiffres, à maîtriser et à sécuriser leur trésorerie et à se construire une activité qui les fait vraiment vivre.
Ici, on ne parle pas de levée de fonds à plusieurs millions ni de théorie hors-sol. On parle de vraies vies : des fins de mois où la trésorerie est tendue, des prix qu’on ne sait plus comment fixer, du manque de visibilité, des rendez-vous avec la banque qu’on appréhende, et de cette question qui revient sans cesse : est-ce que mon métier va vraiment me faire vivre ?
Consultante business
Comment Alexandra et Valentine ont structuré la croissance de leur atelier de bougies artisanales grâce à un pilotage financier adapté
🎧 Écoutez l'épisode complet : découvrez comment deux associées ont transformé leur passion en entreprise rentable en maîtrisant leur trésorerie, leurs prix de revient et leur relation bancaire.
Quand on crée une entreprise artisanale, le régime de la micro-entreprise est souvent le premier choix. C'est simple, rapide et peu coûteux à mettre en place. Mais dès lors que l'objectif est de vendre en B2B à des boutiques revendeuses, la franchise de TVA devient un frein majeur.
Le mécanisme est concret : un commerçant qui achète des produits collecte la TVA sur ses ventes et récupère la TVA sur ses achats. Quand son fournisseur est en franchise de TVA, le commerçant ne peut rien récupérer sur cet achat. Il se retrouve pénalisé par rapport à un fournisseur assujetti à la TVA. Résultat : à prix de vente identique, le revendeur perd en marge nette.
Pour Alexandra et Valentine, fondatrices de l'Atelier Levenez, cette réalité s'est imposée rapidement en développant leur réseau de boutiques partenaires.
Contrairement à une idée reçue, la notion de TVA n'est pas directement liée au statut juridique de l'entreprise. Une micro-entreprise peut être soumise à la TVA dès lors qu'elle dépasse les seuils de franchise fixés par l'administration fiscale. Ces seuils sont consultables sur le site du gouvernement et évoluent régulièrement.
L'enjeu pour un créateur artisanal qui veut développer un réseau de revendeurs est donc double : comprendre à quel moment il bascule dans le régime de TVA et anticiper l'impact de ce basculement sur sa facturation, ses prix et sa trésorerie. C'est un passage structurant dans la vie d'une entreprise artisanale en croissance.
L'Atelier Levenez a connu une croissance commerciale rapide : 15 à 20 nouveaux revendeurs par mois. Une performance remarquable, mais qui crée un problème de trésorerie immédiat. Chaque nouveau revendeur implique du stock supplémentaire à produire, donc des matières premières à acheter en amont (cire, mèches, huiles essentielles, supports en verre, étiquettes, tissu) avant même d'être payé.
Le décalage entre le moment où l'on achète les matières premières et le moment où l'on encaisse le paiement du revendeur (souvent 30 ou 60 jours plus tard, le délai légal maximum entre professionnels en France étant de 60 jours à compter de la date d'émission de la facture) crée un besoin en fonds de roulement qui peut asphyxier une trésorerie encore fragile.
La première solution : négocier avec ses fournisseurs des délais de règlement plus longs. Cela permet de décaler la sortie de trésorerie et de mieux l'aligner avec les encaissements clients.
Les marketplaces B2B comme Ankorstore représentent un atout majeur pour les artisans en croissance. Le mécanisme est simple et puissant : la marketplace paie le vendeur immédiatement à la commande, tandis que l'acheteur (le revendeur) bénéficie de facilités de paiement à 30 ou 60 jours.
Concrètement, pour le vendeur, la trésorerie est disponible dès la vente. Pour l'acheteur, ces facilités lui permettent de vendre les produits avant même de les avoir payés. C'est de la trésorerie positive pour les deux parties. Dans ce schéma, la marketplace joue le rôle de la banque, au même titre qu'un dispositif d'affacturage.
Ce modèle permet aussi de développer ses ventes en B2B en dehors de sa zone de chalandise, sans effort commercial direct. Pour l'Atelier Levenez, cela a constitué un accélérateur de croissance sans pression de trésorerie.
Reconnaître les premiers signaux d'une trésorerie en tension est essentiel pour agir avant qu'il ne soit trop tard. Voici les indicateurs concrets à surveiller :
Baisse du niveau de trésorerie : le solde bancaire diminue progressivement sans explication claire.
Besoin d'un découvert bancaire : signe que les encaissements ne couvrent plus les décaissements au fil du mois.
Découvert existant mais insuffisant : le plafond autorisé ne suffit plus à absorber les décalages.
Décalage des règlements : on commence à retarder les paiements fournisseurs, les cotisations URSSAF ou la TVA.
Stock insuffisant par manque de trésorerie : on ne peut plus acheter les matières premières nécessaires à la production.
Absence de visibilité : on ne sait pas de combien de trésorerie on disposera dans 30 ou 60 jours.
La croissance qui nécessite des embauches peut fragiliser temporairement la trésorerie. La question centrale est : à quel moment le coût d'un collaborateur sera-t-il absorbé par la croissance du chiffre d'affaires ?
Sur les premiers mois, l'embauche tire sur la trésorerie avant de devenir rentable. Les charges salariales sont immédiates (salaire, cotisations sociales, éventuels rattrapages URSSAF) alors que le retour sur investissement en chiffre d'affaires supplémentaire prend généralement plusieurs mois.
C'est précisément ce type de décision qui nécessite un tableau de trésorerie prévisionnel : simuler l'impact d'un recrutement sur 6 à 12 mois pour vérifier que la trésorerie peut absorber l'investissement.
Les outils de pilotage sont nombreux et il est facile de s'y perdre. Trois outils reviennent constamment, mais ils n'ont ni le même rôle ni la même temporalité.
Le bilan comptable et le compte de résultat sont des outils de constatation. Ils donnent une photographie de la santé financière de l'entreprise à un instant donné. Le problème : ils sortent souvent plusieurs mois après la clôture de l'exercice. Si des décisions de gestion sont nécessaires, il peut se passer plusieurs mois avant de redresser la barre. Parfois trop tard.
Le relevé de compte bancaire donne une vision du présent, à l'instant T. C'est une indication utile mais insuffisante pour anticiper. C'est l'image d'un véhicule à 110 km/h sur l'autoroute qui ne voit qu'à 50 centimètres devant lui.
Le tableau de trésorerie prévisionnel est l'outil de pilotage par excellence. C'est une copie conforme de ses relevés de comptes projetée dans le futur. Il permet d'établir un budget prévisionnel et de mesurer l'impact de chaque décision sur la trésorerie de l'entreprise.
En complément du tableau de trésorerie, un tableau de bord avec des indicateurs de suivi (KPIs) est indispensable. Pour un commerce ou une entreprise artisanale, les indicateurs pertinents incluent :
Le chiffre d'affaires mensuel : pour suivre la dynamique commerciale et identifier les tendances.
La marge : pour vérifier que chaque vente contribue réellement à la rentabilité.
Le ticket moyen : pour mesurer la valeur moyenne de chaque transaction.
Le nombre de passages clients par mois : pour évaluer le trafic et l'attractivité.
La rotation de stocks en jours : pour identifier les produits qui se vendent vite et ceux qui stagnent.
Chaque entreprise doit définir ses propres indicateurs en fonction de son activité. Un commerce, une entreprise de bâtiment et une société de conseil n'auront pas les mêmes KPIs.
Comme Alexandra et Valentine, pilotez votre trésorerie avec clarté. Recevez gratuitement votre tableau de suivi et vos indicateurs clés personnalisables.
📥Recevoir mon tableau gratuitCalculer le prix de revient d'un produit artisanal est un exercice fondamental que beaucoup d'entrepreneurs négligent ou simplifient à l'excès. La méthode complète intègre trois composantes.
Les matières premières : pour une bougie artisanale par exemple, il faut additionner le coût du support en verre, de la cire, de la mèche, des huiles essentielles, du tissu et de l'étiquette. Chaque composant a un coût unitaire précis.
La main-d'œuvre : il faut calculer le nombre d'heures destinées à la production (en excluant les heures improductives comme l'administratif, la communication, la prospection). On divise ensuite les rémunérations et charges sociales par le nombre d'heures productives. Le résultat donne le prix de revient de l'heure de main-d'œuvre.
Les charges fixes de l'atelier : loyer, électricité, eau, assurances, comptable. Ces charges sont ramenées au temps de production ou au nombre de pièces fabriquées.
La formule complète : prix de revient = coût matières premières + coût horaire main-d'œuvre × temps de fabrication + quote-part charges fixes par heure productive.
La loi de Pareto, ou règle des 80/20, est un outil de pilotage puissant pour une entreprise artisanale. Le principe : 20 % des produits génèrent 80 % du chiffre d'affaires.
En pratique, cette analyse permet d'identifier les produits à forte traction, c'est-à-dire ceux qui se vendent le mieux et génèrent la marge la plus importante. Sur ces références, il ne faut jamais être en rupture de stock. À l'inverse, pour les produits à faible rotation, la question se pose : comment les déstocker, les recycler, ou les arrêter.
L'Atelier Levenez est passé de 200 à 160 références produits. Cette rationalisation, guidée par l'analyse du tableau de bord (CA par produit, marge, durée de rotation de stock, panier moyen) a permis de gagner en lisibilité auprès des revendeurs et en rentabilité globale.
Quand une entreprise artisanale vend simultanément en boutique physique, via des revendeurs, en e-commerce et sur des marketplaces B2B, la construction du tableau de trésorerie reste la même : il doit être le reflet fidèle des relevés de compte bancaire, projeté dans le futur.
La différenciation par canal de vente se fait plutôt dans le tableau de bord. Il est stratégique de suivre la répartition du CA par canal, le ticket moyen par canal, et le coût d'acquisition client par canal. Ces données alimentent les décisions de développement : faut-il investir davantage dans l'e-commerce, renforcer le réseau de revendeurs, ou optimiser la boutique physique ?
Le réseau Initiative France est un dispositif d'aide à la création et au développement d'entreprise. Chaque antenne locale a sa propre gouvernance. Le dispositif délivre des prêts d'honneur : des prêts à taux 0 % accordés à titre personnel au dirigeant (ce n'est pas l'entreprise qui emprunte). Le dirigeant apporte ensuite cette somme à sa structure pour compléter son apport.
L'impact est double. D'une part, un effet de crédibilité : le dirigeant passe devant un comité composé de 6 à 10 personnes en moyenne (banquiers, experts-comptables, assureurs, anciens bénéficiaires) qui valident le dossier. D'autre part, un effet levier financier : quand un créateur apporte 5 000 € d'apport personnel complétés par 5 000 € de prêt d'honneur, il double son apport et peut emprunter davantage auprès de sa banque.
Le Pass Commerce est un dispositif régional d'accompagnement à la création d'entreprise. Il permet un accompagnement par la BGE (Boutique de Gestion pour Entreprendre) ou la CCI (Chambre de Commerce et d'Industrie) avec des conseillers dédiés à la création, des ateliers, des formations et des parrainages.
Plusieurs organismes d'accompagnement gratuits existent en France pour structurer le développement d'une TPE locale : BPI France, les réseaux Initiative, les BGE, les CCI et CMA (Chambres des Métiers et de l'Artisanat). Chacun intervient à des étapes différentes du parcours entrepreneurial.
À la création, les conditions pour obtenir un financement bancaire incluent : être bien accompagné, maîtriser ses chiffres, disposer d'un environnement personnel solide avec un fonctionnement de comptes bancaires personnels sans alerte, avoir de l'épargne résiduelle, une expérience professionnelle pertinente, les diplômes nécessaires selon la profession, et une posture de dirigeant affirmée.
Pour une entreprise déjà installée, les deux critères principaux sont une capacité d'autofinancement (CAF) suffisante et des fonds propres positifs, idéalement supérieurs à 50 % du capital social. S'y ajoutent le bon fonctionnement des comptes sans incident, la maîtrise de ses chiffres et de son activité, ainsi qu'une posture d'entrepreneur clairement identifiée par le banquier.
Suivez les mêmes indicateurs qu'Alexandra et Valentine pour piloter votre entreprise artisanale : trésorerie, marge, rotation de stock, et bien plus.
⬇️Télécharger le tableau gratuitDans un duo d'associées comme Alexandra et Valentine, même à compétences égales, les talents naturels ne sont pas forcément les mêmes. La clé est d'aller chercher les zones de génie de chaque associé sur les compétences clés du dirigeant : marketing, communication, vente, gestion et ressources humaines.
Nathanaëlle utilise la numérologie stratégique (méthode Lydie Castells) pour identifier les talents naturels de chacun. Cette approche permet de répartir les responsabilités non pas selon les compétences théoriques, mais selon les forces innées de chaque personne.
D'un point de vue juridique, le pacte d'associés est un outil complémentaire indispensable. Il permet de définir des règles de fonctionnement claires entre associés et d'anticiper les situations de désaccord.
Le recrutement devient nécessaire pour aller chercher des compétences complémentaires non couvertes par les associées, absorber une surcharge de travail, ou développer de nouveaux marchés. La décision de recruter doit être éclairée par le tableau de trésorerie prévisionnel pour vérifier que l'entreprise peut absorber le coût pendant la période de montée en charge.
Un dirigeant aligné est un dirigeant qui se connaît suffisamment pour prendre des décisions en cohérence avec qui il est et ce qu'il souhaite. Cette connaissance de soi apporte de l'assurance vis-à-vis de son environnement (banquier, revendeurs, partenaires) et génère confiance et croissance.
Se connaître évite de se comparer à la concurrence, évite de prendre des décisions en regardant ce que font les autres plutôt que ce que l'on souhaite vraiment, et évite de se perdre en s'éloignant de son identité entrepreneuriale.
À l'inverse, vouloir répondre à toutes les opportunités avec des ressources limitées entraîne des risques concrets : s'éloigner de ses talents naturels, perdre en crédibilité, perdre en rentabilité, s'épuiser professionnellement, et perdre le sens de son activité.
Bénéficiez d'un accompagnement personnalisé pour maîtriser votre trésorerie, calculer vos prix de revient, préparer votre dossier bancaire et piloter votre activité sereinement.
Prenez rendez-vous© 2026 Nathanaëlle Oustrain - OnCourtiz • Un métier qui fait vivre