Dans ce podcast, on parle autant d’humains que de finances, des parcours, des doutes, des peurs liées à l’argent, des croyances, de la solitude dans les décisions, mais aussi de ce qui change quand on pose ces chiffres, qu’on les lit vraiment, qu’on reprend le contrôle et qu’on assume enfin la direction qu’on veut donner à son activité.
Chaque mois, un ou une entrepreneur vient raconter comment il ou elle a créé ou transformé son activité, les obstacles rencontrés, les déclics, le travail sur ses chiffres et sa relation à la banque et comment son métier est devenu ou est en train de devenir un métier qui fait vivre. Parce qu’entreprendre, ce n’est pas seulement faire ce qu’on aime, c’est aussi apprendre à en vivre sans se trahir et sans subir ses chiffres.
Consultante business
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Le parcours entrepreneurial d'Alix commence bien avant la création de KUJÉ. Pendant 17 ans, elle a travaillé quotidiennement avec les commerçants indépendants, développant une compréhension profonde de leurs réalités, leurs défis et leurs besoins.
Son premier poste de chef de publicité chez Ouest France Précom lui a permis de pousser des milliers de portes de commerces. Au-delà de la simple vente publicitaire, elle a développé une capacité d'écoute qui deviendra le fondement de son futur projet.
L'étape suivante de son parcours professionnel a été déterminante. Alix a quitté la régie publicitaire pour prendre la direction du Carré Rennais pendant 4 ans.
Ce changement de casquette lui a permis d'élargir considérablement ses compétences : événementiel, communication, recherche de partenariats, relations institutionnelles et management de structure. Elle n'était plus seulement en face des commerçants comme prestataire externe, mais à leurs côtés, comme leur représentante.
En quittant le Carré Rennais, Alix avait "plein d'idées qu'elle n'avait pas pu réaliser". Elle se trouvait face à un dilemme classique de l'entrepreneuriat : est-ce qu'elle relançait quelque chose de similaire ailleurs, est-ce qu'elle gardait ces idées pour elle, ou est-ce qu'elle prenait le risque de créer son propre projet ?
Avant de se lancer, Alix a testé son idée auprès d'une dizaine de commerçants de confiance. Leur soutien a été le déclic : "Vas-y Alix, crée, parce qu'en fait on te suit, on sait ce que tu as dans la tête."
Alix a créé KUJÉ en association en décembre 2023, non par conviction, mais par manque de confiance. "J'avais mes croyances de tu n'arriveras jamais à fédérer ce type de profils-là dans une entreprise. Peut-être que tu ne seras pas légitime."
Autour d'elle, tout le monde lui disait : "Arrête, ne te mets pas en asso. En vrai, c'est une boîte que tu es en train de créer." Mais elle n'était pas à l'aise avec cette idée. Elle voulait être dans le participatif, avoir un conseil d'administration, rassurer et se rassurer.
La prise de conscience est arrivée rapidement. Quand tu commences à attirer 50, 60, 100 membres, tu es regardé par les politiques, les institutions. Alix voulait bien parler avec eux, mais elle ne voulait pas être dépendante d'eux, ni des subventions.
"Je ne voulais finalement pas faire ce que les assos de commerçants faisaient. Je n'ai jamais eu envie d'être la représentante des commerçants. Ce qui m'intéressait, c'était qui est dans la boutique, qui est le gérant, comment il capitalise sur lui-même."
Le modèle associatif a permis à Alix de valider très rapidement son concept. En 4 mois, elle a réuni 140 adhérents. "Il y a eu l'effet de nouveauté, je suis arrivée avec quelque chose de moderne dans l'air du temps. Quand il y a une nouveauté à Rennes, il y a un engouement."
Ce succès initial lui a donné la légitimité et la confiance nécessaires pour franchir le cap vers l'entreprise.
Quand Alix a décidé de transformer KUJÉ en entreprise, elle a fait appel à Nathanaëlle pour un accompagnement financier. "Au début, je n'arrêtais pas de te dire : moi, je veux les chiffres. Je veux un tableau. Je veux repartir de là."
Maîtriser ses chiffres, ce n'est pas seulement avoir un tableur Excel bien rempli. C'est comprendre ce que ces chiffres racontent de votre activité, de vos choix, de votre avenir. Pour Alix, c'était apprendre à lire son activité en chiffres avant de pouvoir la piloter.
L'accompagnement a commencé par une étape essentielle : "Avant qu'on rentre dans les chiffres, qu'est-ce que tu as envie ? C'est quoi ton projet ?" Cette démarche a permis à Alix de clarifier sa vision avant de structurer son modèle économique.
"Ça m'a aidée à passer l'étape. On s'est vu en mai, en septembre, ma société était créée. Tu m'as aidée à poser des chiffres. Tu m'as aidée en me présentant le réseau Initiatives."
Beaucoup d'entrepreneurs vivent la même chose qu'Alix : la lecture du bilan comptable les panique. Les chiffres paralysent. On doute de sa capacité à piloter son entreprise.
L'accompagnement financier consiste à transformer cette panique en compréhension. Comprendre un bilan, c'est savoir lire trois informations clés : votre santé financière (actif/passif), votre performance (compte de résultat), et votre capacité à payer vos charges (trésorerie).
Pour Alix, cet apprentissage a été libérateur. Elle est passée de "je ne comprends rien" à "je sais ce que je dois regarder et pourquoi".
En novembre 2023, Alix lance sa carte cadeau KUJÉ. Très vite, elle réalise qu'elle a "mis un pied dans la tech" sans vraiment y connaître grand-chose. "La tech, c'est très bien, mais ça bouge très vite et il y a un milliard de mises à jour à faire en trois jours."
Elle se rend compte d'une évidence : elle ne peut pas faire ce truc-là toute seule. Elle n'a ni les compétences techniques, ni le temps, ni l'argent pour embaucher quelqu'un.
Alix s'entendait très bien avec Baptiste, le développeur de sa carte cadeau. En décembre, elle lui dit : "Je te jure, je vais te demander à ce qu'on s'associe, parce que je n'arriverai jamais à faire ce truc-là."
Ils se revoient en février. "Ça a trop bien matché entre lui et moi. On a vraiment acté le fait qu'on voulait s'associer." Mais le chemin n'a pas été simple : il a fallu se mettre d'accord sur le type de société, les pouvoirs, qui fait quoi, le rôle de chacun.
"Baptiste a été génial parce qu'il a été exactement là où il fallait. Il a pris le temps qu'il fallait." L'association a permis de créer une nouvelle structure dans laquelle ils ont pu aller chercher des financements pour faire grandir KUJÉ.
Aujourd'hui, Baptiste gère toute la partie dev, tech et une partie de la gestion. "Moi, tu sais à quel point j'étais en mode je n'aime pas trop ça." Cette complémentarité est devenue la force de KUJÉ.
Pour KUJÉ, le passage au modèle par abonnement a représenté un défi majeur. Alix explique : "L'année dernière, j'avais commencé les abonnements. Pire fait, je les avais arrêtés parce que je n'étais pas prête à absorber cette faible trésorerie."
Comment faire un plan de trésorerie dans ce contexte ? Il faut anticiper le décalage entre les charges fixes (qui tombent immédiatement) et les revenus mensuels (qui s'accumulent progressivement). Un abonnement à 25€/mois rapporte 300€ sur l'année, mais ne couvre pas les coûts initiaux du premier mois.
"Cette fois, je l'ai anticipé. Donc là, je suis passée en abonnement avec ce service-là à la carte." Alix a appris de ses erreurs. Elle a structuré son offre différemment : un abonnement accessible à 25€/mois pour l'accès communauté, et des services à la carte (vidéos, shootings photos) pour générer du cash immédiat.
Cette approche hybride permet de lisser la trésorerie : l'abonnement assure une récurrence prévisible, les services à la carte apportent de l'oxygène financier ponctuel.
Pour piloter son activité en mode abonnement, Alix a dû mettre en place de nouveaux indicateurs : taux de rétention (combien restent d'un mois à l'autre), taux d'attrition (combien partent), revenu récurrent mensuel (MRR), lifetime value d'un adhérent.
"Mon objectif en 2026, c'est d'automatiser et de fluidifier." Automatiser les paiements, c'est aussi automatiser le suivi de trésorerie et devenir autonome en gestion d'entreprise.
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⬇️Télécharger le tableau gratuit"Honnêtement, j'ai pas hyper bien vécu ce truc-là. La posture de monter une boîte, de créer de la valeur, de devoir prendre de la hauteur, je trouve que c'est un exercice de dingue."
Alix est quelqu'un de terrain. Elle a passé sa vie dans les boutiques, à échanger avec les commerçants. "J'ai juste envie d'aller prendre un café avec le commerçant en bas et qu'il me raconte. En fait, c'est pas facile de changer de posture en restant toi-même."
"Je n'ai pas envie de me donner un genre. Je n'ai pas envie d'être... Donc c'est un peu bizarre." Cette phrase résume le syndrome de l'imposteur que vivent beaucoup de créateurs d'entreprise.
On lance un projet, il fonctionne, il grandit... mais on ne se sent pas légitime à prendre le titre de "chef d'entreprise". On reste dans l'opérationnel parce qu'on y est à l'aise, alors qu'il faudrait s'élever au stratégique.
"Comment je fais ? Eh bien, je me suis entourée. La première étape, ça a été de te voir toi, je pense." L'accompagnement financier, l'association stratégique avec Baptiste, le réseau Initiatives, les experts : personne ne réussit seul.
"KUJÉ, ce n'est pas du tout que moi. J'ai eu une idée, je l'ai mis en place. Mais en vrai, si j'étais toute seule, ça ne marcherait pas. Aujourd'hui, on est quatre. L'objectif, c'est de faire grandir KUJÉ avec ce petit noyau."
"Plus t'as envie de grandir... En fait, à un moment donné, un projet comme KUJÉ, il peut pas rester petit parce que sinon il est pas pérenne." Cette prise de conscience a été déterminante pour Alix.
Le modèle économique de KUJÉ repose sur le volume. Pour que l'écosystème fonctionne (club + média + carte cadeau), il faut une masse critique de commerçants. Trop petit, le réseau n'a pas d'intérêt pour les entreprises. Trop petit, la carte cadeau ne se vend pas.
"J'ai fait un gros travail de fond sur la plateforme de marque de KUJÉ : la vision, la mission, la raison d'être, l'ADN, nos messages clés. Ça fait huit semaines que je suis en atelier avec quelqu'un."
Ce travail est invisible pour les membres, mais essentiel pour la scalabilité. Si Alix veut déployer KUJÉ dans d'autres villes, il faut que le concept soit clair, duplicable, compréhensible par d'autres.
"L'étape 2026, c'est voir comment grandir. L'idée, c'est d'automatiser et de fluidifier." Automatiser l'onboarding, fluidifier les paiements, créer un espace membre où chacun peut acheter ses services : tout cela prépare le terrain pour la croissance.
"Déjà en 2026, on va être dans une ou deux villes." Alix a toujours imaginé KUJÉ ailleurs : "Je sais très bien que ce qu'on est en train de construire ici peut exister ailleurs. La complexité, c'est qui va porter ailleurs, de quelle manière."
"Aujourd'hui, KUJÉ n'est pas rentable encore. Moi, tant que je vois ce truc de... En fait, c'est même la question numéro un. On a beau tous aimer ce qu'on fait, et être animés, à un moment donné, si tu ne te rémunères pas, ou pas à hauteur de ce que tu attends, tu n'es pas complètement bien."
Cette franchise d'Alix est rare. Beaucoup d'entrepreneurs n'osent pas le dire : créer une entreprise, c'est bien, mais si elle ne fait pas vivre son créateur, à quoi bon ?
"Dans le plan qu'on a travaillé avec Baptiste, c'est de se dire : ok, c'est quoi mon point mort ? À partir de combien... Qu'est-ce qu'il faut que je fasse pour aller..." Le point mort, c'est le moment où les revenus couvrent enfin toutes les charges.
Pour le calculer : charges fixes (loyer, assurances, abonnements, salaires) + charges variables (achats, commissions) = CA nécessaire. Une fois ce chiffre connu, on peut définir la stratégie : combien d'adhérents ? Quel prix ? Quels services complémentaires ?
"Sur ce type de projet-là, qui est un peu un modèle start-up, en vrai il faudrait qu'on fasse des levées de fonds pour aller vite. Mais on n'a pas envie. C'est pas le but."
Alix et Baptiste ont fait un choix : grandir à leur rythme, sans investisseurs externes. "Quand tu fais des levées, t'as des comptes à rendre derrière. C'est un autre modèle. C'est un moment où je grandis en fait. Qu'est-ce que je ferai l'année prochaine ?"
Cette question reste ouverte. Peut-être qu'à un moment donné, pour déployer KUJÉ à l'échelle nationale, une levée sera nécessaire. Mais aujourd'hui, le modèle choisi est celui de l'indépendance.
"Les assos de commerçants, elles ont un vrai rôle, et c'est un rôle de représentante des commerçants, de défense. Je trouve que c'est leur job. Ce que j'avais envie de ramener, c'était : on regarde le commerce, mais moi ce qui m'intéressait, c'est qui est dans la boutique, qui est le gérant."
KUJÉ ne vient pas concurrencer les associations existantes. Elle vient combler un vide : l'accompagnement humain du dirigeant, la formation, le réseau d'entraide, l'énergie collective.
"Comment en fait il capitalise sur lui-même en se formant, comment il s'équipe de nouveaux outils. Moi ce qui m'intéressait, c'est le pas de rentrer dans le magasin et qu'est-ce qui se passe, il y a ce gérant."
Les trainings mensuels, les rencontres d'experts, les ateliers : tout est pensé pour faire grandir le commerçant en tant qu'entrepreneur, pas seulement en tant que vendeur.
"Je sais que ce n'est pas facile d'être tout seul. Tu te fais des nœuds au cerveau, tu ne dors pas la nuit. Un commerçant, il est dans sa boutique. Il ne peut pas bouger, il est obligé d'attendre."
L'isolement est l'un des plus grands défis de l'entrepreneuriat. KUJÉ y répond par le collectif : "On se dit, putain, nous les commerçants, on va se lever tous ensemble et on va apprendre à marcher ensemble."
"Franchement, je pense que j'ai lancé KUJÉ de manière un peu innocente et instinctive." Alix n'avait pas de business plan de 50 pages. Elle avait une vision, une expertise de 17 ans, et un premier cercle de soutiens.
Cette approche a ses avantages : rapidité d'exécution, authenticité, adaptabilité. Mais elle a aussi ses limites : on apprend en marchant, parfois en se trompant.
"J'ai fait franchement pas mal d'erreurs. Qui m'ont... Le terme est un peu fort, mais qui m'ont un peu cramée, physiquement, à tout porter." Alix ne détaille pas ces erreurs, mais elle reconnaît leur existence et leur coût.
Chaque entrepreneur a ses cicatrices. L'important n'est pas de ne jamais se tromper, mais d'apprendre de chaque erreur pour ne pas la reproduire.
"Le réseau Initiatives, ça m'a vachement aidée. C'est la première fois que j'ai dû aller pitcher KUJÉ devant des chefs d'entreprise." Ce réseau l'a aidée à structurer son discours, à prendre confiance, à rencontrer d'autres entrepreneurs.
Aujourd'hui, Alix s'est entourée d'experts (Nathanaëlle pour la finance, son équipe terrain, Baptiste pour la tech) et elle a compris que la vraie richesse d'un entrepreneur, c'est son réseau.
"Mon accompagnement, il a été à plein de niveaux. Oui, on est rentré dans les chiffres. On a été très factuels. Mais dans la démarche qu'on a eue ensemble, ce qui a été cool, c'était de se dire OK, avant qu'on rentre dans les chiffres, qu'est-ce que tu as envie ?"
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